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[INTERVIEW] Gilles Moretton : Rendre au tennis ce qu’il m’a apporté

C’est dans un agenda digne d’un nouveau Président impliqué à 100% que nous avons réussi à réaliser cette interview de Gilles Moretton. Elu par les clubs contre vents et marée à la tête de Ligue Auvergne-Rhône-Alpes nous avons voulu comprendre le parcours du joueur, du candidat, du Président. 

Gilles Moretton
GillesMoretton Crédit Photo Sports Auvergne

 

Bonjour Gilles, pour comprendre l’aventure, quelle est la genèse de cette candidature ?

Cette candidature est née naturellement au fil du temps, des discussions avec les copains, avec les anciens joueurs, avec qui on parle régulièrement des problèmes actuels que notre sport de cœur rencontre. Cette image écornée d’un sport qui renvoie de mauvaises valeurs à l’extérieur et qui mérite mieux…Et alors que je part pour la retraite après une longue carrière, ces échanges et discussions font que je regarde cette élection de plus près.

Le tennis avait besoin de vous ?

Ma vie c’est le tennis, Philippe Chatrier me permet de lancer le GPTL, de lancer et développer ma société. Donc ma vie est faite par le tennis, grâce au tennis. Et même si j’ai fait du Basket par exemple, ma vie c’est le tennis. Je viens servir le tennis et pas me servir du tennis. Lorsque Jean-Claude Collinot s’arrête fin des années 80, et que je fais partie du bureau à l’époque, j’aurais pu y être, devenir Président, mais je n’avais alors pas le temps. J’avais une activité professionnelle dense et riche, et je n’y pensais pas de toute façon d’ailleurs…

Je viens servir le tennis et pas me servir du tennis.

Ce n’a donc jamais été un objectif personnel ?

Vous savez, avec ma famille du tennis, on vient de loin, on vient du terrain, et je crois qu’on peut dire que peu de gens connaissent notre sport aussi bien que nous sans prétention aucune. Je n’ai jamais eu pour objectif de vie que de devenir Président de ma région, c’est vraiment venu comme ça. Les amis de ma génération, qu’ils soient anciens joueurs, dirigeants, bénévoles, aiment trop le tennis pour servir leurs ambitions personnelles. Et ils m’ont convaincu d’y aller pour servir notre sport…

Quel a été votre frein à ce moment ?

La politique qu’elle engendre. Et je ne suis pas politicien. J’aime le tennis, j’avais du temps à donner, pour rendre au tennis ce que le tennis m’a apporté tout au long de ma vie. Mais à ce moment, alors que mes amis et proches me poussent à y aller, je sais que c’est une autre vie, politique, et que malgré une culture forte du tennis depuis toujours, de joueur à enseignant, bénévole et chef d’entreprise, je ne connais pas en détail ce métier de président et la vie des clubs de tennis.

Quel a été l’élément déclencheur ?

J’ai commencé par aller voir quelques clubs, les écouter, les rencontrer, et je me suis forgé l’idée que je pouvais les aider, et aider le tennis. J’ai commencé à bâtir ce programme, en fonction de ce que j’ai entendu sur le terrain, à priori une démarche nouvelle pour les clubs pas trop habitués à régulièrement être écoutés. Je pense avoir des compétences et du recul, du relationnel et de l’écoute, et j’ai décidé d’y aller à fond. De prendre la la route, avec une volonté de faire les choses bien. Je suis d’une nature à faire ou non. Pas à moitié.

mon élection n’est que le fruit du collectif, des idées.

Comment s’est déroulée l’aventure ?

Comme une incroyable histoire de groupe. On était une quinzaine au départ, puis 30, 50 pour finir avec une force et une énergie terrible. Ces rencontres que j’ai pu faire, 70 réunions avec quelques 600 clubs, qui m’ont tellement apporté, humainement, et dans la connaissance de leur vie quotidienne. Je peux dire aujourd’hui que je sais ce que vis un petit club de 20 ou 40 licenciés, ce que vit un gros club…J’ai appris au contact de tous ces gens. Ces gens qui ont fait notre victoire, la victoire du tennis aujourd’hui.

Vous parlez de cette équipe autour de vous…

J’ai su m’entourer des bonnes personnes, de conseillers pointus, de sachants, de gens extrêmement motivés, complémentaires, qui ont fait de cette aventure une équipe incroyable, un groupe, un collectif. Et ce à tous les niveaux. C’est une victoire collective ! On a dit plein de choses sur moi, dont l’ambition personnelle…Alors qu’on ne peut pas gagner tout seul, et mon élection n’est que le fruit du collectif, des idées, du travail de toute mon équipe, et probablement de mon énergie également à aider le tennis en Auvergne Rhône Alpes. Je remercie toutes ces personnes, sincèrement.

Comment se déroulent les premiers jours de votre mandat ?

Sur le même ryhtme à 100% que pendant la campagne. C’est d’abord rencontrer les équipes régionales en place, les salariés que je ne connais pas et qui ne me connaissent pas. Apprendre des structures en place, du fonctionnement aussi et puis c’était l’occasion d’un moment de convivialité aussi. Moi j’ai mes idées, mais prendre l’information, ce que j’ai fait cette semaine en allant sur les 3 sites de la Ligue, à Bron, à Clermont, et Grenoble était important.

Et puis traiter les urgences, avec un comité de direction, pour valider le bureau, les commissions, qui représentera la ligue Auvergne Rhône-Alpes auprès de la Fédération Française de Tennis, et puis la coupe Davis.

Qui arrive très prochainement…

Oui et c’est à nous de recevoir, à Albertville les 2, 3 et 4 Février. les équipes de France et des Pays-Bas, la Région et Laurent Wauqiuez, ainsi que la délégation de la FFT et toute la famille du tennis Français. Ce sera un immense plaisir pour moi que d’avoir mes amis de l’équipe de France, Yannick Noah et les joueurs. C’est une entrée en matière parfaite pour le nouveau Président que je suis. Je prends mes fonctions et je serai hôte de la première Coupe Davis de retour dans le Dauphiné Savoie, après 1982, où j’étais moi-même en Finale.

L’année 2018 commence plutôt pas mal pour vous ?

Oui (rires). Ca va être sympa.

Votre élection est elle le signe d’un renouveau pour le tennis ?

J’espère que mon élection va faire bouger des personnes, les lignes. Faire bouger aussi des joueurs qui se disent on a des idées, on veut apporter autre chose que de taper dans la balle. Certains n’ont pas envie bien sûr, mais d’autres, doivent se dire qu’ils peuvent apporter un vent nouveau, leur contribution à leur sport.

Quel sentiment ressort de cette campagne ?

C’est forcément cette mobilisation autour du programme, cette ferveur, ce collectif. Moi qui vient d’un sport individuel, j’ai toujours préféré la Coupe Davis à la compétition individuelle. J’ai toujours préféré joueur pour mes potes, et avec mes potes et pour la France. J’aurais je pense été un très bon co-équipier de sport collectif. Et tous ces gens qui sont venus de très loin pour me soutenir, soutenir le programme et notre projet commun, ça me donne une force terrible.

Je suis libre, je n’ai aucun intérêt, un électron libre et neutre.

Quel a été le moment le plus compliqué pour vous ?

Le moment le plus compliqué et qui laissera des traces c’est lorsque on essaye de me stopper sans respecter les règle, alors que, ancien joueur, je viens apporter mon temps au tennis pour le servir. En m’attaquant de la sorte, on m’a au contraire renforcé, rendu mes équipes plus fortes, pour nous donner une énergie terrible. Personne n’a alors jamais lâché. Sans revenir dessus il faut comprendre ce qu’il s’est passé, les conditions dans lesquelles se sont déroulées la campagne, le vote. Le comité d’éthique de la FFT s’est d’ailleurs exprimé pour ceux que ça intéresserait. Mais c’est du passé et ce qui compte c’est le projet pour le tennis.

Quelle est l’attente des clubs ?

De l’écoute, des projets, un nouveau modèle. Une nouvelle ligue également. Tout le monde ne sait pas très bien. Il faudra clarifier les choses, le rôle de cette nouvelle ligue, des comités départementaux. Certains sont très inquiets. J’ai décidé dans mon programme d’aider tous les clubs, de façon équitable. On est dans un monde nouveau, avec la baisse des dotations, des licenciés, les clubs ont moins d’argent. Et nous la ligue, nous devons trouver des idées et des moyens de les aider, financièrement. Pas que bien sûr mais c’est important.

Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

Annoncer ma candidature le 20 Janvier pour être élu avec mon équipe le même jour un an plus tard, après tous les obstacles rencontrés, vous ne pouvez imaginer. Comme un signe du destin, ce vote devait avoir lieu le 15 Décembre et qui finalement fut reporté au 20 Janvier de cette année, comme un symbole…L’histoire est belle. J’ai pas besoin de notoriété, je ne viens pas pour l’argent, je ne viens pas pour le business. Je n’ai plus un seul lien avec le business, rien…Je suis libre, je n’ai aucun intérêt, un électron libre et neutre. Je viens juste rendre au tennis ce que le tennis m’a apporté.

Un dernier mot ?

Je suis tellement heureux de l’avoir fait aujourd’hui, de pouvoir rendre au tennis ce que le tennis m’a apporté et je fais appel à ceux qui voudraient nous rejoindre pour être plus forts…

A propos Cedric | Smash-Marketing.fr

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