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Lawn Tennis Club de Deauville, premier club de Tennis sur gazon de France. Interview de Grégory Brussot.

C’est ce qu’on appelle un beau projet, le projet d’une vie peut être…

Amis d’enfance Grégory Brussot et Martin Besançon ont toujours été passionnés de tennis. De là à monter un projet d’une telle envergure c’est autre chose. Et pourtant…Le Lawn Tennis Club Deauville-Normandie, leur projet, sera le premier et unique club de tennis sur gazon naturel en France. Avec 14 courts en gazon naturel, un club house de 800m², restaurant-bar, un pro-shop tennis, espace lounge et salle de conférence le Lawn Tennis Club Deauville sera inauguré le mercredi 8 juin, notamment en présence du Président de la FFT, Jean Gachassin. Nous avons voulu en savoir plus sur cet énorme réalisation de deux entrepreneurs passionnés. Discussion…assis dans l’herbe…

Gregory Brussot

Bonjour Grégory pouvez-vous nous parler du projet du Lawn Tennis Club de Deauville et sa genèse ?

Nous avons monté ça à 2 avec un ami d’enfance, Martin Besançon. On joue au tennis ensemble dans le même club depuis l’âge de 6 ans. A l’adolescence on a toujours été plus passionné par Wimbledon que par Roland Garros de par l’imaginaire qui découlait de l’univers de ce tournoi anglais. Entrepreneurs tous les 2, Martin une agence de communication à Caen et moi plus dans le marketing sportif. J’ai pu travailler avec IBM Europe chez Octagon et ainsi découvrir Wimbledon et me faire un certain réseau. J’ai ensuite monté ma propre société d’événementiel et en 2007 je suis tombé sur un sujet d’une page dans l’Equipe qui parlait du succès sur gazon des Français plus que sur terre battue. Et en aparté il y avait un encadré : recherche courts en herbe désespérément.

Un projet comme ça ne pouvait pas être un club classique

Un élément déclencheur du projet ?

Cet article a été en quelque sorte l’étincelle qui a lancé le projet car nous avions ça quelque part dans notre tête. On pensait à ce moment-là avoir tous les deux l’expertise pour se lancer, et c’est ce que nous avons fait. C’est parti de là.

Comment est-ce qu’on lance ce projet de premier club sur gazon en France ?

Au départ entre 2008 et 2010 avec pas mal de visites techniques en Angleterre, à Wimbledon, puis au Queen’s, à Stoke Park, à Eastbourne pour les rencontrer, pour mieux comprendre les tenants et aboutissants d’un tel projet. On se baladait aussi dans la campagne normande pour essayer de trouver un terrain, et faire des rendez-vous avec la FFT, avec des DTN, des investisseurs potentiels, les banques…

L'Equipe Article Tennis sur Herbe

Pourquoi vous êtes-vous arrêtés sur Deauville ?

Pour la destination. Pour un projet comme ça c’était forcément sur la côte fleurie, un endroit touristique, qui attire beaucoup les étrangers et puis également les parisiens en week-end. Un projet comme ça ne pouvait pas être un club classique avec uniquement comme source de revenu des licenciés. Nous voulions un club touristique, saisonnier, ouvert, avec de la possibilité de réceptif, d’évènementiel donc le choix s’est porté ici.

A quel moment le projet démarre vraiment ?

En 2010 tout s’accélère. Les financements surtout. Le projet faisait état d’un budget à 4.5 Millions d’euros. Avec pas forcément d’apport important de la part de mon partenaire et moi-même. Mais nous avons réussi à trouver un montage financier avec 1/3 de partenariat institutionnel, 1/3 emprunt et 1/3 avec 6 investisseurs privés. Si ce projet était né dans la tête d’un riche héritier, ça aurait certainement été plus rapide à sortir de terre. Mais nous avons fait avec nos moyens à nous et nous avons réussi.

LTCDN Lawn Tennis Club de Deauville

Pas une partie de plaisir donc ?

Pas vraiment. Le fait de devoir aller chercher les financements de partout n’était pas évident. Et puis surtout, pour un projet où on nous prenait pour des fous.

Et quel rôle a pu jouer la FFT ?

La fédération s’intègre assez vite au projet en 2011, même si c’est un peu dur au départ forcément car notre projet ne correspondait pas nécessairement à la ligne fédérale visant à promouvoir plutôt la terre battue dans les clubs en région que de développer la pratique sur gazon. Mais au vu de l’envergure et de l’ambition de projet, la FFT et la Ligue de Normandie ont finalement souhaité être partie prenante. Mais nous sommes ravis de les avoir avec nous à hauteur de 150 000 € soit 3% du budget, ce qui a aussi permis de rassurer les différents autres investisseurs.

Et pour le terrain ?

Assez vite en 2010 nous avons pu rencontrer le maire de Deauville et Président de l’intercommunalité Deauville Coeur Côte Fleurie, Philippe Augier, qui a accepté de nous mettre à disposition un terrain dans le cadre d’un bail à construction de 50 ans.

Et les travaux peuvent commencer ?

Alors non car c’est encore long, un terrain en zone humide comme beaucoup les terrains à Deauville, avec la contrainte pour nous de devoir bien concevoir cela pour recevoir du public, en adéquation avec les normes environnementales, de construction, des études de sols. On a commencé finalement la construction au printemps 2014 et le club sera livré là avec tous ses courts et son club house.

Pouvez-vous nous parler des infrastructures ?

Au niveau des infrastructures on va livrer ce qu’on avait prévu initialement. Avec ce premier club sur gazon, disposant de 14 courts extérieurs de tennis, avec certains même réalisés à la méthode anglo-saxonne avec de l’argile. 9 des autres courts sont eux réalisés en sable fibré, sorte de nouveaux substrats réalisés pour les nouveaux terrains de sports. Le gazon est naturel, mais en dessous sont disposés du sable et de la fibre. 10 sont livrés cette année et 4 seront semés pendant l’été.

plan LTCDN Lawn Tennis Club de Deauville

Quelle sera l’ADN du Lawn Tennis Club de Deauville ?

On sera un club saisonnier ouvert de Pâques à La Toussaint avec quand même un sacré club house de 800m2, avec bar, salle de conférence, restaurant, 4 vestiaires hommes et femmes. Un pro shop également dans le club. Un équipement haut de gamme mais pas ostentatoire. Ce n’est pas ce que nous voulions car nous aurons vraiment tous les publics du jeune qui veut essayer de jouer sur gazon au VIP ou pro venant s’entrainer ou jouer un tournoi. On veut que tous ces joueurs s’y retrouvent.

Et les demandes arrivent ?

Depuis 1 mois on reçoit des demandes pour de la location, des courts, des entraînements, ça démarre bien. Ce n’est pas encore le rush mais les gens auront besoin de voir un peu, avoir des feedbacks dans la presse. Ça appelle de Lille, Marseille, Strasbourg, Bordeaux. Notre positionnement est un centre national du jeu sur herbe. On commence à avoir des coups de fils de joueurs pro. On aura du vacancier, des clubs qui viendront, et des pro. On veut en faire une plateforme pour tous.

Et le tournoi exhibition au lancement qui va faire parler ?

En effet. On va avoir notre tournoi exhibition, avec en tête d’affiche Jérémy Chardy et Edouard Roger-Vassselin. Et au-delà des 6 joueurs du tournoi on devrait aussi avoir cette année 5 à 7 joueurs français qui viendraient s’entrainer pour la saison sur herbe ici. Et puis si le retour est bon, on espère avoir bien plus de demandes l’année prochaine, le club encore plus connu.

Quel est votre modèle économique ?

Il repose sur 3 piliers. Le premier c’est la pratique (location à l’heure, stages), l’entreprise avec le sponsoring et l’événementiel. L’événementiel sera poussé en 2017, du séjour clé en main pour des groupes étrangers jusqu’aux tournois homologués.

Positionner un tournoi du second circuit au calendrier ATP n’est pas simple. Nous étudions quand même cette belle possibilité pour 2017

Quelle est l’équipe qui travaille au club aujourd’hui et avec quelles compétences ?

2 co-directeurs donc pilotant le projet dans toutes ses composantes, 2 green keepers sur l’entretien des courts, et 1 personne à l’administratif du projet ensuite des saisonniers et extra sur de la restauration par exemple. Les profs eux seront tous indépendants passants de 4 à 10. On a estimé que ce projet créait 8 emplois en équivalent temps-plein.

Et la formation de ces green-keepers ?

Il n’y a jamais eu de green keepers de courts de tennis en France donc on a en quelque sorte créer un métier. On travaille avec une personne qui a travaillé dans le golf et une personne qui a pu être en stage à Wimbledon. On a également un partenariat technique avec Wimbledon qui nous conseille, nous accompagne, nous vend également sa terre. Ils vont former nos équipes, venir voir comment ça se passe. C’est vertueux.

On pourrait donc être champion de France de tennis sur herbe chez vous dès 2017 ?

Rires…oui car on est le seul club donc on pourra toujours attribuer le titre de champion de France en 4ème série ou 3ème etc. On fera certainement des événements aussi pour les féminines, le tennis fauteuil, et bien sur tout en haut de la pyramide, un tournoi du circuit ATP on espère.

Pouvez-vous nous en parler ?

C’est ce qui risque d’être le plus compliqué. Il y en a beaucoup aujourd’hui, et positionner un tournoi du second circuit au calendrier ATP n’est pas simple. Demandez à Lionel Roux et son Open Sopra Steria de Lyon. C’est du job et un vrai montage financier également. Ça coûte cher un ATP. Et plus il y a de tournoi, plus les tableaux sont moyens. Nous étudions quand même cette belle possibilité pour 2017…

Pour découvrir le Lawn Tennis Club de Deauville

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