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DOPAGE : Interview de Dorian Martinez de Sport Protect

Dorian Martinez est le CEO et fondateur de Sport Protect, start-up de prévention contre les produits dopants. Nous avons échangé avec lui suite à la conférence de presse d’annonce de dopage par Maria Sharapova, contrôlée positive au meldonium pendant l’Open d’Australie. La joueuse de tennis a tenu à expliquer qu’il s’agissait d’un cas de dopage par inadvertance et nous voulions proposer un éclairage sur le sujet. Le spécialiste de l’information et de la donnée, nous a répondu sur ces carences dont souffrent les sportifs, de haut niveau comme Maria Sharapova et amateurs.

Bonjour Dorian, vous êtes fondateur de SPORT Protect, pouvez-vous nous parler de votre start-up ?

Pendant 12 ans j’ai été directeur du numéro vert écoute dopage, collaborant avec une équipe de médecins et de psychologues, et, il y a 5 ans, je suis parti pour m’impliquer à 100% dans SPORT Protect qui à l’époque faisait uniquement de la R&D et de la labellisation de compléments alimentaires. Aujourd’hui nous intervenons aussi sur la mise à disposition de solutions uniques afin d’aider les acteurs du sport à se protéger du dopage par inadvertance.

sport protect logo

Écoute dopage n’était pas un bon outil de prévention donc ?

Nous étions sans cesse confrontés à des cas de sportifs positifs à des tests anti-dopage, alors qu’ils n’étaient pas, pour la plupart d’entre eux, dans une démarche d’amélioration des performances par substances interdites. A l’époque, j’avais la sensation d’arriver après la bataille. Le service avait surtout du sens dans sa fonction de soutien et d’orientation… Aujourd’hui, nous intervenons plus tôt, en prévention, et non en réaction. Une fois que le problème arrive c’est néfaste pour le joueur ou la joueuse, pour son sport, pour sa fédération, et comme dans le cas de Sharapova pour son propre business avec des sponsors qui la lâchent. Tout le monde est perdant…

Quels sont les services que propose SPORT Protect ?

Notre activité historique, depuis 2005, concerne la sécurisation des compléments alimentaires car 15 à 25% d’entre eux peuvent contenir des substances interdites non mentionnées sur l’emballage. Nous analysons les produits, auditons les chaines de fabrication et procédons à un stockage sécurisé pour chaque complément mis sous le marché, qu’on va garder pendant 4 ans avec un scellé. Les références qui remplissent toutes les conditions de sécurité pour le consommateur peuvent alors apposer le label SPORT Protect sur le packaging des produits et sur leurs supports de communication. De notre côté, nous référençons dans nos applications tous ces produits « conformes à la norme NF-V94-001 certifiés par un organisme tiers et indépendant ».

Comment analysez-vous le marché des médicaments ?

Nous passons au crible tous les médicaments du marché francais pour voir s’ils contiennent une substance dopante à l’intérieur. Notre équipe est composée d’un pharmacien, d’un ingénieur qualité et d’une ingénieur chimiste, et, tous les mois, dès que de nouveaux médicaments sont mis sur le marché, dans les minutes qui suivent, le système informatique que nous avons développé va déterminer leur statut au regard des exigences de la liste des interdictions. Nous terminons et contrôlons ensuite l’analyse avec une expertise humaine afin de disposer d’une base de donnée complète et à jour. La dernière mise à jour date du 1er mars ce qui fait qu’un sportif comme Maria Sharapova aurait pu grâce à notre outil, trouver le « meldonium » dans notre base de produits dopants. Une ampoule rouge lui aurait indiqué les risques associés à la consommation de ce médicament…

sharapova dopage

Qui sont vos clients ?

Nous proposons ces solutions digitales ou même des bornes interactives à des structures sportives ou publiques qui souhaitent aider très concrètement les sportifs à se repérer quand ils s’apprêtent à consommer un médicament ou un complément alimentaire. Nos solutions proposent également une partie liée aux paris sportifs et une autre concerne les 10 règles d’Or des cardiologues du sport liées à la prévention de la mort subite. Ce qui explique aussi pourquoi nos solutions s’adressent à un large public.

Nous travaillons avec des fédérations, comme la Fédération Française de Pétanque et de Jeu Provençal qui équipe 100% de ses licenciés avec nos applications.

Ces produits potentiellement dopants sont si nombreux dans le commerce ?

En France, plus de 3000 médicaments sont susceptibles de positiver un contrôle antidopage sur les 24 000 références mises sur le marché, sans aucune indication sur l’emballage. Les notices de ces médicaments sont rarement à jour car la législation antidopage est contrainte de faire évoluer sa liste des interdictions chaque année. Par exemple, un médicament qui contiendrait du meldonium ne pourrait pas voir, comme par magie, sa notice se transformer dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, date d’entrée en vigueur de la nouvelle liste… Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas facile pour un sportif de s’y retrouver…

Vous avez des exemples ?

Aujourd’hui en France vous avez 12 actifed différents que vous pouvez acheter sans ordonnance. Sur ces 12 médicaments, vous en avez 8 qui ne posent pas de problèmes (marqués d’une ampoule verte dans notre base) et 4 qui sont susceptibles de positiver des contrôles anti-dopage (marqués d’une ampoule rouge dans notre système). Vous vous doutez bien que l’industrie pharmaceutique n’attend pas le premier janvier pour mettre sur le marché de nouvelles références. Entre la liste des substances qui évolue chaque année et les nouveaux médicaments commercialisés chaque mois. C’est extrêmement compliqué de fait.

Mais il n’existe pas de liste de produits interdits ?

C’est souvent l’erreur que font 99% des journalistes ! Il n’existe pas de liste exhaustive de médicaments interdits. L’Agence Mondiale Antidopage publie une liste de substances, qui plus est, n’est pas exhaustive puisque les substances apparentées sont également interdites. Un vrai casse-tête pour tous les sportifs honnêtes désireux de se soigner ou de compléter leur alimentation. Comme je l’avais expliqué à la commission sénatoriale en 2013 (lien : http://videos.senat.fr/video/videos/2013/video17343.html), paradoxalement, la législation antidopage est plutôt bien faite. Il s’agit simplement de la compléter pour qu’elle devienne « parlante » pour tous les acteurs du sport. C’est la raison d’être de SPORT Protect.

Vous avez des statistiques sur ce dopage par inadvertance ?

La majorité des sportifs contrôlés positifs, ne sont pas dans une démarche de dopage. Des statistiques qui datent un peu maintenant, avaient même montré que pour 6 sportifs positifs sur 10, c’est leur médecin qui leur avait prescrit, sans le savoir, un produit interdit. Encore une fois, sur les 24 000 références mises sur le marché, 3000 positivent les contrôles et il est très difficile de décrypter leur statut au regard des exigences antidopage…

Ce serait donc le cas du Meldonium interdit depuis le 1er janvier 2016 ?

A priori oui, puisque cette substance est interdite depuis le 1er janvier 2016 seulement et que la joueuse en prenait, selon ses dires, depuis près de 10 ans… Si Sharapova est honnête, ce que nous ne questionnons pas, il semblerait que ce soit une carence d’information qui ai précipité son contrôle positif. C’est le coeur du problème ! Notre rôle est justement d’empêcher ce type d’erreur d’arriver. En tous cas, avec notre système le sportif est prévenu en permanence et n’a donc plus d’excuse le cas échéant. Cela évite bien des problèmes et bien des polémiques…

C’est aussi une question de prévention non ?

On aimerait vraiment faire évoluer la prévention et diminuer les erreurs commises sur le dopage. Nous avons entendu des centaines de cas où des sportifs par méconnaissance, mauvais conseil, prenait un produit dopant, sans le savoir. Encore une fois prescrit par un médecin de famille, de club, lui-même pas forcément au fait des listes à jour. La majorité se font contrôler positif par concours de circonstance : « Je suis en tournée, j’ai mal à la tête, une douleur musculaire, je vais chez le pharmacien… » qui propose un produit interdit sans le savoir. Nous permettons de lutter contre ça. Encore une fois dans une optique d’aider les sportifs honnêtes. Les tricheurs, eux, s’entourent déjà très bien pour détourner le système.

Mais tout de même, on peut penser que Sharapova est accompagnée en permanence par des professionnels de santé de très haut niveau non ?

Tout à fait. Qui peut penser que Sharapova n’est pas accompagnée en permanence par des professionnels de santé de très haut niveau ? Le nœud du problème, c’est d’être informé, en permanence, et en temps réel alors que tous les paramètres changent constamment (Liste des médicaments / compléments disponibles sur le marché vs. Liste des substances interdites). Si Maria Sharapova (ou son entourage) avait disposé de l’application SPORT Protect, elle aurait pu s’apercevoir grâce à une ampoule rouge, que le meldonium était une substance interdite (depuis le premier janvier 2016). Elle aurait également pu recevoir une alerte automatique immédiatement, au moment du passage de ce médicament sur la liste des produits interdits.

sport protect logiciel

Vous travaillez avec la FFT. Les joueurs du team France sont donc protégés ?

Nous travaillons déjà avec la FFT en équipant le staff médical de la Fedcup et de la Coupe Davis. C’est une première étape. Ce qui compte maintenant, c’est d’équiper tous les licenciés, afin que chacun, des joueurs numérotés aux joueurs de quatrième série, puisse bénéficier en temps réel de toutes les informations indispensables grâce à son propre numéro de licence…La balle est dans le camp de la FFT.

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