Chiara Piotto et Silvia Boccardi du Video Podcast Club de Spotify nous racontent comment le journalisme évolue à l'ère des podcasts vidéo

Chiara Piotto et Silvia Boccardi du Video Podcast Club de Spotify nous racontent comment le journalisme évolue à l’ère des podcasts vidéo

Le Video Podcast Club de Spotify a transformé le cinéma Colosseo de Milan en un grand studio live, mettant sur scène certains des podcasts les plus populaires du pays.

Le Video Podcast Club et la croissance des podcasts vidéo en Italie

Une soirée conçue pour célébrer un phénomène en pleine croissance : en Italie, l’année dernière, les heures de visionnage de podcasts vidéo sur Spotify ont augmenté de 175 %, tandis que près de neuf utilisateurs sur dix les regardent avec l’application au premier plan.

Dans ce contexte, avec d’autres spectacles live, L’essentiel a enregistré un épisode spécial avec Chiara Piotto, visage et voix du podcast de Will, Silvia Boccardi, journaliste de Will, et Gino Cecchettin, transformant le format quotidien en une conversation ouverte avec la communauté.

Silvia Boccardi et les nouvelles formes de violence de genre dans le monde numérique

Hors scène, la première à ramener la conversation sur un sujet urgent fut Silvia. «Aujourd’hui, la violence sexiste se produit de plus en plus numériquement», m’a-t-il dit, expliquant comment les dynamiques de contrôle et d’oppression ne surgissent pas en ligne, mais trouvent de nouveaux outils dans les lieux numériques.

«Ce que nous voyons est une transposition d’une ancienne dynamique, de contrôle, de pouvoir, de l’homme qui prévaut sur la femme même dans les espaces numériques tels que les groupes Facebook, les chats, le contrôle du téléphone portable ou la position via GPS.».

Un phénomène qui, selon Silvia, ne peut être combattu avec plus de technologie mais avec plus de conscience : «Le meilleur outil pour intervenir, comme dans tout ce qui concerne la violence de genre, est l’éducation.».

Chiara Piotto et la complexité du journalisme court

À côté des réflexions de Silvia, la conversation avec Chiara a ouvert une autre fenêtre, celle des coulisses du journalisme court quotidien. Parler de l’actualité en dix minutes n’est pas un simple exercice.

«Chaque jour, la réponse la plus difficile à trouver est de savoir quelle actualité sélectionner», m’a-t-il expliqué. Le but est de maintenir L’essentiel fidèle à son nom : «J’essaie de sortir un peu les gens de leur zone de confort. Il n’est pas toujours nécessaire de se concentrer sur les sujets les plus évidents, cela vaut parfois la peine de surprendre, d’attiser la curiosité sur des sujets qui restent de niche mais qui sont importants».

La synthèse comme discipline, pas comme limite

Pour Chiara, la synthèse n’est pas une limite mais une discipline. «La brièveté est inévitable, mais cela ne signifie pas sacrifier la qualité, cela signifie mieux utiliser les mots et être concis dans vos réflexions.». Et quand je lui demande si du bon journalisme peut encore se faire dans un format comme celui-ci, la réponse est immédiate : «Absolument oui. Le journalisme de service consiste à apporter des informations correctes à chacun. L’accessibilité est déjà un élément fondamental en soi».

Un podcast à succès parle aussi à ceux qui ne sont pas informés

Le succès d’un podcast ne se mesure pas seulement en chiffres, mais aussi en sa capacité à toucher des personnes qui ne choisiraient normalement pas ce type de contenu. «Pour moi, cela fonctionne lorsque vous touchez même les plus sceptiques.», m’a-t-il dit. «Pas seulement à la niche qui s’informe déjà».

La valeur du public en direct et le rôle de la communauté

L’expérience Video Podcast Club, avec des audiences en direct, ajoute une autre couche à cette relation. «Il y a la possibilité de faire connaissance avec le public qui vous écoute déjà» dit Chiara. «Interagissez, créez une communauté, répondez en direct aux questions qui font partie du format».

De là découle également Les conversations essentiellesla version la plus dialogique du podcast qui donne chaque samedi la parole aux thèmes choisis par la communauté.

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Confiance, écoute et nouveaux codes du journalisme

Lorsque la conversation tourne autour de la confiance dans le journalisme, Chiara renverse une perception largement répandue. «Je ne suis plus convaincu qu’il s’agisse d’une question de médias traditionnels ou numériques», m’a-t-il dit. «Il s’agit de savoir qui travaille au sein de ces médias. Ce que les gens apprécient, c’est la capacité d’écouter».

Une expérience d’écoute que, selon elle, de nombreux médias traditionnels ont cessé de cultiver, alors que des projets comme Will la mettent au centre : «Informez les gens de manière compréhensible sur les choses qui les intéressent. Tu ne t’enfermes pas dans une bulle».

Sur la relation avec la communauté, Chiara est claire : «La confiance est ce qui vous permet de conserver une audience. Il se construit avec fiabilité, avec justesse, et aussi avec celui qui parle». Et c’est là que la vidéo fait la différence. «Tous les formats se transforment dans le sens vidéo. C’est un retour vers le passé, le visage crée du lien, du réconfort, de l’humanité.».

La diffusion en direct comme forme de narration la plus authentique

Finalement, lorsque je lui demande quel format la représente le plus, la réponse ramène la discussion à ses origines professionnelles : «Par nature, je me sens plus comme moi-même. L’Essentiel n’est pas écrit mot pour mot, je prépare, sélectionne les thèmes puis interprète sur place. C’est presque plus télévisé que les réseaux sociaux en direct. La diffusion en direct construit précisément cette relation authentique que j’ai mentionnée plus tôt.».