La liberté de la presse en ligne de mire : la campagne qui transforme un vol en plainte
Une annonce qui semble familière, puis quelque chose change. Les consignes de sécurité ne concernent pas les turbulences ou les sorties de secours, mais les arrestations arbitraires, les violences et les enlèvements. C’est ici que commence « Reporters Airlines », la nouvelle campagne signée par Reporters sans frontières en collaboration avec The Good Company.
L’objectif est direct : faire comprendre que pour ceux qui le disent au monde, la destination peut faire la différence entre travailler en toute sécurité ou mettre sa vie en danger.
Une idée simple pour parler d’un problème complexe
Avant d’entrer dans les détails, il convient de se concentrer sur l’intuition créatrice. La campagne prend un format universel, celui des consignes de sécurité à bord, et le renverse.
Consignes de sécurité pour les journalistes
A la place des indications habituelles apparaissent des avertissements liés à des contextes réels : comment se comporter en cas d’arrestation, quels risques éviter lors d’un reportage, à quoi s’attendre dans certains pays.
Un changement de perspective qui rend le message immédiat. Le spectateur reconnaît le langage, mais est interloqué par le contenu.
Des destinations qui changent tout
Les trois vidéos de la campagne se concentrent sur autant de pays : le Vietnam, le Mexique et la Tanzanie. Des lieux également connus d’un point de vue touristique, mais beaucoup plus complexes pour celui qui renseigne.
Dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2026, le Vietnam se classe au 174ème rang sur 180, le Mexique au 122ème et la Tanzanie au 117ème. Des chiffres qui témoignent d’un contexte difficile, souvent sous-estimé.
Un tableau de plus en plus critique pour ceux qui fournissent des informations
Le lancement de la campagne coïncide avec la publication du nouvel index sur la liberté de la presse, qui met en lumière une dégradation généralisée des conditions de travail des journalistes.
Menaces, violences physiques, détentions arbitraires. Il en ressort une image dans laquelle le risque est devenu partie intégrante de la profession.

La campagne n’introduit pas de nouvelles données, mais les rend tangibles. Il transforme les statistiques en situations concrètes, montrant ce que signifie réellement travailler dans certains contextes.
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Entre ironie et dénonciation
Avant d’aborder le message plus explicite, la campagne choisit une voie inhabituelle : utiliser l’ironie.
Selon Thibaut Bruttin, directeur général de RSF, cette démarche permet de souligner une dégradation progressive mais constante ces dernières années. Une manière de s’adresser à un public plus large, et pas seulement aux professionnels.
Hadi Hassan-Helou, directeur créatif de The Good Company, souligne également à quel point le projet va au-delà de la communication traditionnelle. Il ne s’agit pas simplement d’une campagne, mais d’une prise de position sur une question qui reste souvent invisible.

Une campagne conçue pour être partout
Pour amplifier son impact, « Reporters Airlines » a été conçue pour être diffusée sur plusieurs canaux.
Des gares aux réseaux sociaux
Le contenu est déjà visible sur les écrans publicitaires des grandes gares françaises, ainsi que dans le métro parisien et sur les médias traditionnels, dont la radio.
En ligne, la campagne est développée sur des plateformes comme BeReal et sur les réseaux sociaux de Meta, avec des visuels inspirés des cartes de sécurité présentes dans les avions.
Un lancement construit dans le temps
Dans les jours qui ont précédé les débuts officiels, un teaser a commencé à circuler sur les réseaux sociaux le 27 avril, suscitant l’anticipation et préparant le terrain pour la diffusion complète de la campagne.
Une stratégie qui accompagne la sortie de l’indice 2026 et renforce son message.
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Un message qui concerne tout le monde
Il y a un dernier élément qui ressort avec force. La campagne ne s’adresse pas seulement aux journalistes.
La référence s’adresse également aux citoyens et aux voyageurs, invités à réfléchir sur ce que signifie visiter des pays où la liberté de la presse n’est pas garantie. Une invitation implicite à regarder au-delà des images brillantes des destinations.
« Reporters Airlines » fonctionne précisément pour cette raison. Cela n’informe pas seulement, mais force un changement de perspective. Et une fois qu’on le voit, il est difficile de l’ignorer.
