Vision latérale, curiosité et courage : le parcours de leadership de Simone Mangiarotti, Global Brand Marketing Lead de Max Mara

Vision latérale, curiosité et courage : le parcours de leadership de Simone Mangiarotti, Global Brand Marketing Lead de Max Mara

Simone Mangiarotti a construit sa carrière selon une trajectoire non linéaire, faite d’explorations, de compétences transversales et de choix qui l’ont souvent fait sortir de sa zone de confort.

Aujourd’hui, il est Global Brand Marketing Lead de Max Mara et supervise la marque à 360 degrés, mais son chemin a commencé bien plus tôt, dans une province milanaise faite de valeurs solides, d’un sens du devoir et d’une curiosité qui l’a toujours poussé « au-delà du champ d’épis de maïs », comme il aime lui-même le dire.

Son leadership repose sur trois piliers : une vision large, une capacité à relier les points et le travail d’équipe. Dans cette interview, nous revenons sur les décisions clés, les défis les plus formateurs et les leçons qui guident sa manière de commercialiser et d’orienter les gens aujourd’hui.

Quelles ont été les valeurs qui ont le plus influencé votre parcours professionnel ?

Mangiarotti grandit dans une famille nombreuse et simple, marquée par les difficultés de l’après-guerre. Son père, contraint de travailler dès son plus jeune âge, incarne pour lui la valeur du sacrifice orienté vers un objectif clair : garantir le meilleur possible à sa famille.

Parallèlement, l’entreprise des parents devient un véritable pôle social pour la communauté. Un lieu d’échange, de relation, d’écoute. C’est ici que Simone absorbe une leçon fondamentale : le travail n’est pas seulement une exécution, mais une connexion entre les gens.

Ces valeurs, responsabilité, dévouement, ouverture vers les autres, deviennent la base sur laquelle il construira toute sa carrière de manager.

Quand avez-vous réalisé que vous étiez sur la bonne voie ?

Il n’y a pas eu un seul moment de révélation, mais une somme progressive d’expériences. D’un côté l’université, de l’autre les premiers emplois opérationnels : de l’usine aux chantiers, jusqu’aux agences de marketing de terrain.

C’est là que Mangiarotti commence à relier les points. La théorie prend forme dans la pratique, les livres deviennent de véritables processus, les organisations prennent forme.

Gérer des équipes, faire face à des imprévus, résoudre des problèmes en temps réel lui apprend une leçon qui reviendra souvent dans sa carrière : la préparation n’élimine pas l’incertitude, mais elle rend capable d’y faire face.

Quel a été votre premier véritable défi professionnel ?

Elle survient lorsqu’on lui confie un projet totalement nouveau, sans processus prédéfinis ni modèles de référence. Une mission à durée déterminée, avec des objectifs clairs et des attentes élevées.

Sans structure porteuse, Simone est obligée de tout construire à partir de zéro : approche, méthode, priorités. Il fait beaucoup d’erreurs, apprend vite et développe ce qu’il définit lui-même comme un mode de survie professionnelle, fait d’autonomie, de responsabilité et de capacité de décision.

C’est un défi qui le prépare à des situations similaires, même des années plus tard, lorsqu’il se retrouve à représenter son équipe dans des contextes internationaux en dehors de sa zone de confort.

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Que vous a appris votre long parcours chez Adidas ?

Dix-huit années chez Adidas représentent pour Mangiarotti une véritable formation de leadership. Couvrant différents rôles entre ventes, trade marketing, marque et communication, il apprend à regarder l’entreprise d’en haut.

La leçon la plus importante vient non seulement des succès, mais surtout des personnes qui l’ont remis en question. Ceux qui l’ont obligé à sortir du cadre de son rôle, à se plonger dans des compétences latérales, à comprendre des dynamiques qui n’étaient pas immédiatement visibles.

C’est là que mûrit une conviction clé : pour vraiment sortir des sentiers battus, il faut connaître parfaitement le contexte dans lequel on évolue.

Quelle est l’importance des soft skills dans la croissance d’un leader ?

Pour Mangiarotti, ils sont décisifs. En marketing et en communication, la créativité sans structure risque de rester stérile.

Explorer des sujets tels que la finance, les processus et l’organisation lui permet de dialoguer avec toutes les fonctions de l’entreprise et de construire des idées non seulement originales, mais aussi durables.

Le leadership, dans cette vision, naît de l’équilibre entre vision et solidité, entre intuition et conscience du contexte.

Quels ont été les mentors les plus importants de votre parcours ?

Les premiers mentors ont été les parents, à travers l’éducation au sport et à la responsabilité. Viennent ensuite les managers rencontrés au fil du parcours professionnel, les uns directement, les autres par opposition.

Mangiarotti reconnaît également la valeur des conflits : ce sont souvent les relations les plus complexes qui laissent les leçons les plus durables. Observer, absorber, réélaborer devient partie intégrante de sa méthode de croissance.

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Avec le recul, qu’auriez-vous fait différemment ?

S’il pouvait rentrer, il aurait probablement plus d’expériences à l’étranger ou dans différents secteurs. Non pas par regret, mais pour élargir encore davantage notre regard.

En même temps, il reconnaît que les choix qu’il a faits, même ceux qui ont ralenti sa carrière pour laisser de la place à sa famille, font partie intégrante du chemin qui l’a amené là où il est aujourd’hui.

Le leadership, pour lui, n’est pas seulement la performance, mais l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, construit comme une véritable équipe.

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Quel est votre trésor professionnel aujourd’hui ?

Une vision large, la capacité de relier les points et la conscience qu’aucun résultat important ne se construit seul.

Le succès, selon Mangiarotti, naît de l’intelligence collective et de la confiance mutuelle. La tâche du leader est de créer les conditions permettant aux personnes de donner le meilleur d’elles-mêmes, en réunissant différentes perspectives dans un plan cohérent.