Le Conseil norvégien des consommateurs explique ironiquement l’enshittification des plateformes numériques
Le terme d’enshittification est devenu l’un des mots les plus cités pour décrire l’évolution des plateformes numériques ces dernières années. Le Conseil norvégien des consommateurs a décidé d’aborder cette question avec une publicité satirique qui transforme une théorie économique en une histoire ironique et provocatrice.
La campagne accompagne la publication d’un rapport consacré au phénomène et tente d’expliquer au grand public combien de plateformes numériques évoluent au fil du temps.
Qu’est-ce que l’enshittification des plateformes numériques
Le concept d’enshittification a été introduit par le journaliste canadien Cory Doctorow pour décrire la façon dont de nombreuses plateformes en ligne évoluent après avoir conquis le marché.
Le processus suit souvent un schéma similaire : au départ, le service est utile, simple et gratuit. Cependant, au fil du temps, les entreprises commencent à modifier leur expérience pour augmenter leurs revenus.
Du service utile à la plateforme remplie de publicités
Selon cette théorie, la transformation se déroule en plusieurs étapes.
Au début, la plateforme concentre tout sur l’expérience utilisateur pour attirer de nouveaux utilisateurs. Par la suite, des éléments de plus en plus invasifs sont introduits :
- des publicités plus fréquentes
- pop-ups et notifications intrusives
- Fonctionnalités déplacées derrière le paywall
- abonnements pour des fonctionnalités auparavant gratuites
De cette manière, la valeur du service se déplace progressivement des utilisateurs vers les actionnaires.
LIRE AUSSI : Heineken lance le documentaire « The Pub That Refused To Die »
La publicité satirique du Conseil norvégien des consommateurs
Pour expliquer le phénomène au public, le Conseil norvégien des consommateurs a choisi une forme narrative originale.
La vidéo imagine un professionnel dont le travail consiste à aggraver progressivement les produits.
Le protagoniste parle fièrement de son métier : d’abord créer quelque chose de simple et utile, puis rendre les utilisateurs dépendants du service et enfin commencer à monétiser chaque fonction.
Comment aggraver un service numérique étape par étape
Dans le récit ironique de la publicité, le processus d’enshittification s’explique comme une véritable stratégie professionnelle.
Nous offrons d’abord un service propre et fonctionnel. Puis ils arrivent :
- mises à jour qui aggravent l’expérience
- des chatbots inutiles au lieu d’une assistance
- fonctions déplacées par abonnement
Le résultat final est une plateforme très différente de celle qui a séduit les utilisateurs au début.
Le rapport sur les plateformes et l’économie numérique
Le spot accompagne un rapport dans lequel le Conseil norvégien des consommateurs analyse la manière dont l’enshittification affecte l’économie des plateformes.
Selon l’organisation, de nombreuses entreprises numériques suivent un schéma récurrent : une fois qu’elles atteignent une position dominante, elles commencent à transférer de la valeur des utilisateurs vers les actionnaires.
Cela se fait souvent par le biais de publicités plus agressives, d’abonnements et de limitations des fonctionnalités gratuites.
LIRE AUSSI : Liquid Death et Spotify lancent une urne funéraire avec haut-parleur
Une satire signée par l’équipe créative de NewsLab
Le film a été réalisé par NewsLab, l’équipe créative déjà connue pour la campagne virale Oslo, est-ce même une ville ?.
La mise en scène est signée August Jorfald, tandis que la photographie est signée Alexander Herlev Christoffersen.
Comme dans ses travaux précédents, l’approche choisie est celle de la satire intelligente, qui utilise l’humour pour transformer un sujet complexe en un débat accessible.
Le message final est clair : Internet n’a pas été conçu pour fonctionner de cette manière, et la détérioration progressive des services numériques n’est pas une fatalité mais le résultat de choix commerciaux précis.
